Avant de lire la suite, posez-vous juste cette question : « Une contraction, qu’est-ce que c’est ? ». Prenez le temps d’y répondre pour vous. Quelle est la première réponse qui vient ? Est-ce la réponse qui vous semble la plus juste ? Avez-vous besoin de la modifier, de la préciser ? Que ressentez-vous ? Cette définition vous procure quel type d’émotion ? (peur, enthousiasme, colère, joie, rejet …)

Pour de nombreuses personnes, quand elles se posent cette question, la première réponse qui vient c’est :

« Une contraction c’est une douleur comme ci ou une douleur comme ça ».

Vous avez remarqué que la plupart du temps lorsqu’on essaie de définir les contractions, c’est le mot douleur qui vient ? Un peu comme s’il y avait une sorte d’égalité entre ces deux termes : contraction et douleur. Mais comment définir de manière fiable une contraction utérine ? Est-ce juste de la qualifier de douleur ? Ou peut-on aller plus loin dans la compréhension de ce phénomène physiologique ?

Allons voir ça d’un peu plus près :

Les contractions utérines sont des contractions musculaires involontaires. L’utérus est un organe spécifiquement féminin dont le rôle est d’accueillir le bébé pendant la grossesse. Il a la forme d’une poire à l’envers et il est constitué de fibres musculaires.

Grâce à ses fibres musculaires, l’utérus grandit tout au long de la grossesse et produit les contractions d’accouchement.

En fin de grossesse, tout le corps se prépare à l’accouchement et tandis que le col commence à ramollir pour s’ouvrir plus facilement, l’utérus devient plus réceptif aux hormones de l’accouchement (en particulier l’ocytocine dont je vous parlerai plus longuement dans un prochain article).

Quand c’est le bon moment pour vous et votre bébé, votre corps induit les contractions utérines, car votre corps sait accoucher. C’est un fonctionnement automatique et involontaire et vous savez le faire même sans savoir que vous savez le faire ! Magique, non ?

C’est vous qui créez les contractions.

Lorsque les contractions deviennent régulières, fréquentes et intenses, elles vous signalent que le processus de l’accouchement commence. Comme la faim ou le sommeil, ce signal augmente au fur et à mesure que le besoin augmente : Plus vous avez besoin de manger, plus vous avez faim. Plus vous avez sommeil, plus votre corps vous signal qu’il a besoin de repos. Plus les contractions sont intenses et rapprochées, plus l’arrivée de bébé est proche.

Les contractions permettent au col de s’ouvrir et au bébé de descendre et de sortir. Elles permettent aussi au bébé de s’adapter plus facilement à tous les changements considérables liés à sa naissance, comme la mise en route de sa respiration, la régulation de sa température et bien d’autres choses sur lesquelles je reviendrai dans un prochain article.

Comment reconnait-on les contractions utérines ?

Une contraction utérine est une contraction musculaire. Si vous pliez le bras et que vous souhaitez faire ressortir votre biceps, vous le contractez. Vous constatez que le muscle change légèrement de forme (il « pointe »), vous ressentez une tension dans le muscle, et il devient dur (au point que le doigt ne s’enfonce pas). Il en est de même pour les contractions utérines : Le ventre « pointe », il devient dur, et une sensation de tension est perçue. En fonction de l’intensité de la contraction, une sensation douloureuse peut être ressentie. On peut ressentir les contractions pendant la grossesse (si vous en ressentez plus de 10 par jour, parlez-en à votre sage-femme ou votre médecin) et pendant l’accouchement. Dans ce cas elles sont : régulières, rapprochées (toutes les 3 à 5 minutes), intenses, de plus en plus rapprochées et intenses au fur et à mesure que l’accouchement avance. Chaque contraction dure au maximum 1 minute et la pause est plus longue que la contraction. Nous en reparlerons prochainement.

Résumons :

  1. Les contractions d’accouchement se déclenchent quand tout est prêt pour vous et votre bébé.
  2. C’est votre corps qui fabrique les contractions d’accouchement car votre corps sait accoucher.
  3. Les contractions d’accouchement servent à :
  4. vous prévenir que c’est le grand moment
  5. dilater le col (la porte de sortie pour bébé)
  6. aider bébé à descendre et à sortir
  7. préparer bébé à sa naissance
  8. Chaque contraction vous rapproche du moment où vous aurez votre bébé dans les bras.
  9. Le relâchement entre les contractions est aussi important que les contractions elles-même.
  10. Ces pauses entre les contractions sont très utiles pour vous ressourcer, utilisez-les.
  11. L’intensité des contractions peut créer une sensation douloureuse qui fait partie de la contraction mais N’EST PAS la contraction.
  12. Les contractions sont nécessaires et utiles pour permettre au bébé de naître dans les meilleures conditions.
  13. Quand on apprend à les connaitre, elles font moins peur et on les tolère mieux. Plutôt que lutter contre elles, on peut apprendre à faire au mieux avec elles.
  14. Quand on vit quelque chose de très intense, parfois on oublie que ce moment n’est pas éternel. Se rappeler que « ça va s’arrêter » et se projeter dans « l’après » est très aidant.

Maintenant, vous savez que la contraction n’est pas seulement une douleur intense comme on l’entend le plus souvent, mais un phénomène complexe que vous créez et qui vous permet d’accoucher. Cette nouvelle compréhension modifie votre positionnement vis-à-vis des contractions. Ce changement de positionnement s’appelle un recadrage, il est utilisé en hypnose parce qu’il est très utile. En effet, notre imaginaire est très puissant et la représentation qu’on se fait de la réalité modifie nos perceptions.

Changer votre représentation des contractions, c’est vous permettre de modifier votre perception des contractions.

Après avoir lu ces lignes, quelle est votre propre définition des contractions d’accouchement ? Comment avez-vous envie de vous les imaginer, de vous les représenter ?

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